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FULL MOONAFRICA
Trois bougarabous, un ékonting et une flûte de bambou posés sur le sable d'une plage de Casamance, sous la pleine lune.

Culture22 août 20266 min de lecture

Bougarabou, ékonting, oyèr : les instruments de la musique diola en Casamance

Le bougarabou, l’ékonting et l’oyèr sont le cœur de la musique diola ; le djembé et la kora, ses voisins mandingues. D’où ils viennent, comment ils sont faits, comment on les joue, et ce qu’ils deviennent une nuit de pleine lune à Cap Skirring. Sans un seul nom de musicien.

Par Marc DOLLIE

Le premier son d’une fête diola n’est pas une voix. C’est un tambour, grave et rond, qui arrive de loin et que la poitrine reçoit avant l’oreille. Puis un deuxième, puis un troisième, et l’on comprend qu’un seul percussionniste, debout, les joue tous. C’est le bougarabou. À côté de lui, plus discrets, un luth à trois cordes et une flûte de bambou tiennent la mélodie. Cet article leur est consacré : le bougarabou, l’ékonting et l’oyèr, les trois instruments qui font la musique diola en Casamance, et les deux voisins mandingues, djembé et kora, qu’on entend aussi dans la région.

Vous n’y trouverez aucun nom de musicien. La programmation de Full Moon Africa, la nuit de pleine lune portée par les Ambassadeurs de Casamance à Cap Skirring, n’est pas arrêtée, et nous n’annonçons rien que nous ne puissions tenir. Vous y trouverez des faits : d’où viennent ces instruments, comment ils sont faits, comment on les joue, et ce qu’ils deviennent dans la bande-son d’une nuit sur le sable. Si vous avez grandi avec ces sons, cet article ne vous expliquera pas votre région : il met par écrit, avec ses sources, ce que vous savez d’oreille, pour ceux qui ne l’ont pas encore entendu.

Le bougarabou, le tambour qui porte la danse

Le bougarabou est le tambour des Diola de Casamance. On le joue aussi en Gambie et en Guinée-Bissau, de part et d’autre de frontières que la musique n’a jamais regardées. Sa facture est simple et elle explique son timbre : une seule peau, de vache ou de veau, tendue sur le fût par des chevilles de bois et des cordes. Le son est grave, rond, sans sécheresse ; il remplit l’espace plus qu’il ne le perce.

Autrefois, le bougarabou se jouait seul, à une main et une baguette. Depuis le milieu du XXe siècle, la manière a changé : un seul percussionniste, debout, joue une batterie de trois ou quatre tambours et passe de l’un à l’autre. Il porte souvent des bracelets métalliques aux poignets, qui ajoutent une texture rythmique au-dessus des graves. C’est ce jeu-là, large, physique, qui accompagne les danses et les fêtes diola.

Le bougarabou d’aujourd’hui se joue donc debout, en batterie, et quand il entre, la danse suit. Si vous ne deviez retenir qu’un instrument de cet article, retenez celui-là : c’est lui que vous entendrez en premier, et de plus loin.

L’ékonting, le luth né à Kanjanka

L’ékonting, qu’on écrit aussi akonting, est un luth rustique à trois cordes, dont une corde bourdon, celle qui tient une note continue sous les deux autres. Sa caisse de résonance est une demi-calebasse, de 20 à 50 centimètres, recouverte d’une peau de chèvre, prolongée par un long manche. C’est un instrument des Diola, qu’on trouve en Casamance, en Gambie et en Guinée-Bissau.

La tradition orale diola le fait naître au village de Kanjanka, en Basse-Casamance, près du fleuve. Il rythme la vie sociale des villages du Kassa : un instrument de village avant d’être un instrument de scène.

Une précision compte, parce que les confusions sont fréquentes : l’ékonting n’est ni une kora, ni un bolon, ni un n’goni, qui sont des harpes-luths. C’est un luth, et il est considéré comme un ancêtre du banjo américain. La Casamance a donné au monde un instrument que le monde joue sans toujours savoir d’où il vient ; la prochaine fois que vous entendrez un banjo, pensez à Kanjanka.

L’oyèr, la flûte de bambou

L’oyèr est la flûte traditionnelle diola, fabriquée à partir d’une tige de bambou.

Nous nous arrêtons là, et c’est un choix. On trouve très peu d’écrit sur l’oyèr ; ce que nous en savons vient du terrain, de personnes qui l’ont vu et entendu. Plutôt que d’inventer un nombre de trous, une facture ou un usage, nous laissons l’instrument à ceux qui le jouent. Si vous en jouez, ou si quelqu’un de votre famille en joue, la page contact est ouverte : ce que vous savez de l’oyèr vaut plus que tout ce que nous pourrions en écrire.

Djembé et kora : les voisins mandingues

Deux autres instruments s’entendent partout en Casamance, et ils ne sont pas diola : ils sont mandingues, venus de l’aire mandingue d’Afrique de l’Ouest, et ils y ont leur place.

Le djembé est un tambour en forme de calice, tendu d’une peau de chèvre. On le joue à mains nues, et la main suffit à en tirer trois familles de sons : les basses, les tons et les claqués. Il se joue souvent avec le bougarabou, dont le fût est plus allongé, et les deux timbres se complètent : le bougarabou donne le fond, le djembé le détail.

La kora est une harpe-luth à 21 cordes, montée sur une demi-calebasse recouverte de peau. C’est l’instrument des griots mandingues, au Sénégal, en Gambie, au Mali et en Guinée, et elle est présente en Casamance. Elle n’est pas un tambour et elle ne porte pas la danse de la même façon : elle raconte, et l’on s’assoit pour l’écouter.

Cinq instruments en un tableau

Pour distinguer d’un coup d’œil ce qui est diola de ce qui est mandingue, ce qui se frappe de ce qui se pince ou se souffle.

InstrumentFamillePeuple et aireFactureCe qu’il fait dans la musique
BougaraboutambourDiola ; Casamance, Gambie, Guinée-Bissauune seule peau de vache ou de veau, chevilles de bois et cordesson grave et rond ; porte les danses et les fêtes, en batterie de trois ou quatre
Ékontingluth à trois cordesDiola ; Casamance, Gambie, Guinée-Bissaudemi-calebasse de 20 à 50 cm, peau de chèvre, long manche, une corde bourdonrythme la vie sociale des villages du Kassa ; ancêtre du banjo
OyèrflûteDiolatige de bambouà écouter sur place
Djembétambour en calicemandingue ; Afrique de l’Ouestpeau de chèvremains nues : basses, tons, claqués ; souvent joué avec le bougarabou
Koraharpe-luth à 21 cordesmandingue ; Sénégal, Gambie, Mali, Guinéedemi-calebasse recouverte de peauinstrument des griots ; présente en Casamance

Trois instruments diola, deux instruments mandingues : c’est le cœur local d’un côté, les voisins de l’autre, et les deux se jouent ensemble, comme le djembé avec le bougarabou.

Ce que ces instruments deviennent une nuit de pleine lune

Sur la plage de Cap Skirring, la première édition de Full Moon Africa a lieu le mardi 24 novembre 2026, et six autres pleines lunes suivent jusqu’au jeudi 20 mai 2027. Selon le programme type, la soirée ouvre vers 18 h, le concert live est prévu vers 21 h, le DJ set vers 22 h 30 et le Full Moon Moment à minuit ; la fin vient progressivement, autour de 5 h du matin. Les horaires restent indicatifs, et le lieu exact sera communiqué par l’organisation.

C’est au concert que les instruments de cet article trouvent leur place. Le programme type annonce un concert live ; il ne dit pas qui jouera, et nous non plus. Ce que nous pouvons dire, c’est comment ces instruments s’écoutent sur une plage. Le bougarabou s’entend de loin : ses graves traversent le ressac, et vous le reconnaîtrez avant de voir le percussionniste. Approchez-vous quand l’ékonting ou l’oyèr entrent : trois cordes et une tige de bambou ne luttent pas contre l’océan, ils demandent qu’on vienne à eux. Notre article sur le concert décrit ce moment de la nuit, et le déroulé de la soirée en donne l’ordre indicatif.

Vers 22 h 30, le DJ set prend la suite, avec de l’afro house, de l’amapiano et des world beats. Le bougarabou n’a pas à choisir entre les deux mondes : la foule en blanc qui danse sous la pleine lune est la même, avant et après le changement de sono. Pour situer cette nuit dans ce que la Casamance fait de ses soirées, une lecture de plus.

Et il y a l’hymne. « Sous la lune de Casamance » dure 2 min 51, à 125 BPM, en français, chanté en duo, voix masculine et voix féminine, avec des chœurs en réponse. Il s’écoute, se télécharge et s’apprend sur la page de l’hymne, avec une version instrumentale pour chanter dessus. Ce n’est pas un bougarabou, mais c’est le morceau que vous pouvez chanter avec la plage, et il se prépare.

Préparer votre oreille avant le 24 novembre

Tout ce qui suit se prépare avant d’arriver sur le sable.

  • Écoutez un bougarabou en batterie. Trois ou quatre fûts, un seul percussionniste debout, les bracelets aux poignets : une fois entendu, vous le distinguerez de tous les autres tambours.
  • Cherchez l’ékonting sous le banjo. Trois cordes, une corde bourdon, une calebasse : écoutez l’un après l’autre, et la parenté s’entend.
  • Posez la question de l’oyèr. Si quelqu’un autour de vous en joue ou en a joué, demandez-lui ; il en sait plus que tout ce qui est écrit, y compris ici.
  • Apprenez le refrain de l’hymne. Deux écoutes suffisent, et la version instrumentale est là pour la troisième.
  • Préparez le blanc. En blanc, c’est la règle du lieu : chic, confortable, naturel, adapté à la plage.
  • Attendez l’adresse. Le lieu exact sera communiqué par l’organisation. L’entrée est gratuite : aucune billetterie, aucun paiement, rien à régler sur place.

Ces instruments n’ont pas attendu Full Moon Africa pour exister, et ils lui survivront. Ce que la nuit du 24 novembre leur offre, c’est une plage, une foule en blanc et une raison de plus d’être entendus. Pour préparer votre séjour en Casamance, VisitCasamance vous guide vers les professionnels du territoire. Full Moon Africa est une nuit. La Casamance est une destination.

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Full Moon Africa est une nuit. La Casamance est une destination.

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